Journée de solidarité 2026 : fonctionnement, date et obligations

Sophie Eldridge

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Dernière mise à jour : 26 mai 2026

La journée de solidarité est une journée de travail supplémentaire non rémunérée pour les salariés, qui finance les actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées via la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Instituée en 2004 après la canicule de l’été 2003, elle représente 7 heures de travail supplémentaires sur l’année pour un salarié à temps plein, contre une contribution de l’employeur de 0,3 % de la masse salariale (la contribution de solidarité pour l’autonomie, CSA). En 2026, sa date varie d’une entreprise à l’autre — explications.

Qu’est-ce que la journée de solidarité ?

La journée de solidarité repose sur deux piliers :

  • Pour les salariés du secteur privé et les agents publics : 7 heures de travail supplémentaires (proportionnellement réduites en cas de temps partiel) effectuées dans l’année, sans rémunération supplémentaire.
  • Pour les employeurs : versement de la contribution solidarité autonomie (CSA) égale à 0,3 % des rémunérations soumises à cotisations sociales.

Le produit de cette contribution (environ 3 milliards d’euros par an) est intégralement reversé à la CNSA pour financer l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie), la PCH (Prestation de compensation du handicap), les EHPAD et les services d’aide à domicile.

Quelle est la date de la journée de solidarité en 2026 ?

La date n’est pas fixée par la loi. C’est l’employeur qui décide, après consultation du comité social et économique (CSE) ou par accord d’entreprise. Plusieurs options sont possibles :

  • Travailler un jour férié habituellement chômé (sauf le 1er mai)
  • Travailler un jour de RTT
  • Répartir les 7 heures sur plusieurs jours dans l’année
  • Renoncer à un jour de congé que l’employeur compense par cette journée

Historiquement, beaucoup d’entreprises ont choisi le lundi de Pentecôte, qui en 2026 tombait le 25 mai. D’autres préfèrent le vendredi suivant l’Ascension, le 14 juillet, le 1er novembre ou même intégrer la journée dans le temps de travail (par exemple en supprimant un RTT).

Le lundi de Pentecôte 2026, jour férié ou travaillé ?

Le lundi de Pentecôte (25 mai 2026) reste un jour férié légal, mais il peut être travaillé au titre de la journée de solidarité dans l’entreprise. Tout dépend de la décision de l’employeur. Si votre entreprise a fixé une autre date, vous bénéficiez normalement de ce jour férié comme les autres.

Modalités selon le type de contrat

Salariés à temps plein

7 heures de travail sont dues, sauf disposition conventionnelle plus favorable. La rémunération n’est pas augmentée pour ces heures.

Salariés à temps partiel

La durée est calculée au prorata de la durée contractuelle. Par exemple, pour un mi-temps (50 %), la journée représente 3 h 30 de travail supplémentaire.

Salariés au forfait jours

La journée de solidarité correspond à 1 jour de travail supplémentaire sur l’année. Le nombre de jours du forfait peut être augmenté de 1 ou les jours de repos compensateur réduits d’autant.

Apprentis et alternants

Ils sont concernés s’ils sont rémunérés. Les apprentis de moins de 18 ans ne travaillent pas un jour férié, donc une autre date doit être trouvée.

Salariés ayant déjà accompli la journée chez un autre employeur

Un salarié qui change d’employeur en cours d’année et a déjà effectué sa journée de solidarité peut, en principe, refuser de la refaire ou demander une rémunération supplémentaire. Il doit présenter un justificatif (bulletin de salaire de l’année en cours) à son nouvel employeur.

Les salariés peuvent-ils refuser ?

Un salarié ne peut pas refuser d’effectuer la journée de solidarité telle qu’elle a été décidée dans l’entreprise. Il s’agit d’une obligation prévue par le Code du travail (article L3133-7 et suivants). Toutefois :

  • Le refus n’est pas considéré comme une faute grave en soi, mais peut justifier une retenue sur salaire correspondant à l’absence.
  • Si la journée est fixée un jour habituellement chômé pour des raisons religieuses ou familiales, l’employeur doit, dans la mesure du possible, accepter une autre date individuelle (l’usage tient compte des contraintes personnelles).
  • Les salariés en arrêt maladie ce jour-là sont indemnisés comme un jour de travail.

Comment la journée de solidarité est-elle décidée dans l’entreprise ?

L’employeur fixe les modalités par :

  • Accord collectif d’entreprise ou d’établissement en priorité
  • À défaut, par convention de branche, si elle prévoit la journée
  • À défaut, par décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE

La date doit être communiquée aux salariés suffisamment à l’avance pour leur permettre de s’organiser (généralement quelques semaines).

Cas particuliers

Fonction publique

Les agents publics sont aussi concernés. Les modalités sont définies par décret et adaptation locale dans chaque ministère ou collectivité.

Particuliers employeurs

Lorsqu’un salarié travaille au domicile de son employeur (assistante maternelle, aide à domicile, garde d’enfants), la journée de solidarité s’applique en principe. En pratique, beaucoup de particuliers employeurs ne l’organisent pas ; le sujet est souvent réglé par usage.

Étudiants stagiaires

Les stagiaires ne sont pas concernés car ils ne sont pas salariés au sens du Code du travail.

À quoi servent les fonds collectés ?

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) répartit chaque année la recette de la CSA, complétée depuis 2013 par la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA, 0,3 % sur les pensions de retraite imposables). Les fonds financent :

  • L’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) pour 1,3 million de bénéficiaires
  • La PCH (Prestation de compensation du handicap)
  • Le fonctionnement des EHPAD et services d’aide à domicile
  • Les Maisons départementales de l’autonomie
  • Des programmes de prévention de la perte d’autonomie

Combien d’heures supplémentaires effectives ?

Les 7 heures de la journée de solidarité ne comptent pas comme des heures supplémentaires : elles s’ajoutent à la durée légale annuelle (1 607 heures), portée à 1 614 heures grâce à cette journée. Les heures effectuées au-delà sont considérées comme des heures supplémentaires.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si la journée de solidarité tombe un jour de congé payé ?

Le salarié en congé payé ce jour-là ne perd pas son congé. Il doit en principe effectuer ses 7 heures un autre jour, négocié avec l’employeur.

Suis-je payé si je suis malade le jour de la solidarité ?

Oui, vous percevez les indemnités journalières et le maintien de salaire selon les règles habituelles. Vous n’avez pas à rattraper les heures.

Mon employeur peut-il changer la date chaque année ?

Oui, sauf si un accord d’entreprise fixe une date pérenne. Une décision unilatérale peut être modifiée d’une année sur l’autre après nouvelle consultation du CSE.

La journée de solidarité s’applique-t-elle aux cadres au forfait ?

Oui, sous forme d’un jour de travail supplémentaire dans l’année (le forfait passe de X à X+1 jours, ou un jour de RTT est supprimé).

Un salarié peut-il être rémunéré pour cette journée ?

Les heures effectuées au titre de la journée de solidarité ne sont pas payées en plus dans la limite de 7 heures (pour un temps plein). Au-delà, elles deviennent des heures supplémentaires rémunérées.

Le 1er mai peut-il servir de journée de solidarité ?

Non. Le 1er mai est le seul jour férié chômé légalement obligatoire et ne peut pas être travaillé au titre de la journée de solidarité, sauf dans certains établissements à activité continue (hôpitaux, transports, etc.) où des règles spécifiques s’appliquent.

Que se passe-t-il si je change d’entreprise en cours d’année ?

Si vous avez déjà accompli votre journée de solidarité chez votre précédent employeur, vous présentez un justificatif au nouveau et n’avez pas à la refaire. Si vous la faites une seconde fois, vos heures supplémentaires doivent être rémunérées.

CP
Rédaction Citopendia.frNotre rédaction publie des articles informatifs sur divers sujets.